
Roman, Collection « Contemporains »
160 pages, 140×200 mm, 18 €
ISBN : 9782487782006
Parution le 23 octobre 2025
Qui n’eut la sensation, soudain, dépassé par les événements, d’avoir même densité que mythes et légendes, même poids que terre et ciel réunis ? Qui n’a vu cette sensation se répéter à intervalles irréguliers au cœur de scènes tout aussi quotidiennes qu’énigmatiques, tout aussi triviales que capitales, là où forces de vie et forces de mort livrent un combat sans merci ?
L’auteur se contente ici de tirer le fil de ces minutes ineffaçables en empruntant les voix qui lui ont semblé les plus appropriées pour en extraire sens, images et sons, et tout ce qui s’ensuit.
L’auteur
Né dans les années 1960, Ludovic Le Gall a fait tous les métiers. Il est désormais homme à tout faire en banlieue parisienne. C’est son premier ouvrage, publié sous pseudonyme.

« Ce fut ce jour-là, bien sûr, que tout a pris fin et que tout a commencé. Ce ne peut être que ce jour-là – immaculé – où j’ai dû me décider, où j’en ai fini avec l’enfance, où j’ai commencé à serrer les mâchoires jusqu’au sang. »
OUVERTURE DU LIVRE (LUE PAR YVES ROULLIÈRE)
Réactions à l’ouvrage
Dans la revue Études du mois de mai 2026, un peu plus, voire nettement plus qu’une recension de Christophe Langlois, poète, romancier, nouvelliste et essayiste. On ne saurait mieux comprendre de l’intérieur, des tréfonds, avec style et intelligence, un tel ouvrage, une telle démarche:
UNE RECENSION TRÈS PERSONNELLE DE JEAN-PIERRE LEMAIRE PUBLIÉE DANS LA REVUE ARPA
Ce livre est extraordinaire. Le mot qui me vient à l’esprit pour en parler est « force » ; une force qui ne souffre pas de la division en chapitres courts, au contraire puisque chacun, ou presque, évoque un moment où tout bascule, entre la vie et la mort, l’enfance et la solitude, l’adolescence et l’âge adulte, le plaisir et la conscience, et quand les choses restent en suspens, c’est au profit de l’accès à la vérité (comme dans le combat du torero). L’auteur y fait coïncider l’instantané et le définitif. Ce moment intense est « innommable » et les stratégies pour lui donner un nom malgré tout (« action de grâces », par exemple), souvent parfaitement inattendu, sont aussi un jeu baroque avec le lecteur qui s’y prête parce qu’il sent l’auteur aussi dérouté que lui. Dans cette approche de « l’instant blanc », il traverse tous les domaines, depuis l’intimité du couple jusqu’à l’exploration « réaliste » des banlieues et des aéroports. On trouve même parmi les proses le beau poème « Cette femme inconnue ». Il me semble qu’un fil secret court d’un texte à l’autre, même s’il disparaît parfois dans la tapisserie : celui de la quête de celui qui cherche l’auteur depuis toujours (quête passant par les « Exercices spirituels » racontés avec beaucoup d’humour), qui déboucherait sur un consentement à être aimé. Vu le point de départ, la « déprise » de celui qui s’était juré de ne se reposer sur personne n’a pas dû être facile.
D’une philosophe : Après une première lecture [le livre] ne cesse de me convoquer tant il est impressionnant. Il m’est une preuve que le langage, dans ses infinies cascades d’échos, parvient à sa propre abolition, « fragile pont de neige » vers l’ineffable. De quoi en rester sans voix et heureux de l’être.
D’un historien : J’ai traversé l’œuvre à petites doses et découvert avec bonheur son style original. C’est peu dire que ces pages m’ont plongé dans d’autres mondes que ceux de mes lectures habituelles ! Je demeure saisi par la variété déconcertante (pour le lecteur que je suis) des thèmes, des images et des atmosphères.
D’une soignante : J’ai découvert dans ce livre la personnalité mystique de l’auteur. Celui-ci a un style original souvent poétique au vocabulaire très riche et même mystérieux parfois… J’y ai ressenti aussi de la douleur toujours prête à renaître malgré le temps passé, ce qui m’a beaucoup émue. Je pense qu’après ce livre il a dû se sentir plus apaisé.
D’un historien : J’en ai les yeux qui parpelègent. […] L’impossibilité de faire confiance à quiconque… Mais on n’est pas « dans la plainte » comme disait Roustang. L’écriture sauve tout. Le lecteur s’accroche : « Qu’est-ce qu’il va encore trouver ? » C’est bouleversant, à froid. L’auteur a une manière bien à lui, extrêmement concrète, matérielle, de parler de la vie spirituelle. Je commence à conseiller le livre comme je conseillais jadis Matinales de Sulivan – qu’on me pardonne le rapprochement !
D’un critique littéraire: Ce livre remue beaucoup de choses et en même temps invite à ne pas céder au désespoir. Que nos histoires personnelles sont complexes et pleines de blessures… Merci de la confiance que l’auteur fait à ses lecteurs.
D’un romancier et critique littéraire: J’ai lu les récits de Ludovic Le Gall, qui sait qu’on ne se connaît jamais vraiment, pas plus qu’on ne peut prétendre connaître vraiment qui que ce soit – ce par quoi la vie prend son sens qui, « bon an, mal an, gagne en épaisseur, en mystère », comme il l’écrit. Ces récits sont d’une grande densité. « Je t’ai éprouvé, non comme l’argent mais au creuset de l’adversité », pour citer Isaïe. Ce sont à la fois des instantanés de moments hors temps, « à la grâce de Dieu ». C’est l’inverse de ce que décrit Max Weber dans L’éthique protestante : ici, la lourde chape d’acier des soucis du monde devient une cape légère.
