
Essai, Collection « Contemporains »
216 pages, 140×200 mm, 18 €
ISBN : 9782487782037
Parution le 2 avril 2026
Cet ouvrage est une somme d’exercices, tour à tour ludiques et graves, visant à aider le lecteur à accueillir l’esprit imaginatif qui sommeille en lui. Forte de l’audace de ceux qui traversent ces terres peu connues et redoutées des philosophes et des esprits religieux, Jeanne-Marie Baude aborde avec sérénité des auteurs à succès, révélateurs des inclinations contemporaines, comme ici Hervé Guibert ou Michel Houellebecq, en n’hésitant pas à les confronter à Victor Hugo, Thomas Mann ou… Benoît XVI.
Nous rééditons cet ouvrage – paru initialement en 2009 –, en y ajoutant un dossier critique, témoin des débats que les questionnements de J.-M. Baude avaient suscités à l’époque. On y trouvera des réactions de Philippe Barthelet, Gilles Baudry, Jeanne-Marie Clerc, Jean-Pierre Jossua, Jean-Pierre Lemaire ou Annie Wellens…
L’autrice
Jeanne-Marie Baude (1935-2014) a longtemps enseigné à l’Université de Lorraine (Metz), où elle créa avec son mari, Michel Baude, le Centre de recherche Littérature et Spiritualité. Ses principaux travaux ont porté sur des auteurs aussi divers que Marie Noël, André Breton, Georges-Emmanuel Clancier, Boris Vian ou Anne Perrier.

« Au siècle de l’image, y aurait-il une seule période de la vie, l’enfance, où l’activité imaginative serait encouragée, par une sorte de privilège provisoirement accordé, pour être ensuite reléguée dans le placard où l’on range les produits dangereux ? »
Réactions à l’ouvrage
De Georges-Emmanuel Clancier: « C’est un beau livre qui m’enchante par son intelligence, sa sensibilité, sa profondeur, l’étendue de la culture dont il témoigne. Sa merveilleuse compréhension de la poésie, de toute sa valeur existentielle, s’y révèle à chaque page. Tous les “lettrés”, hommes et femmes, devraient lire et méditer L’œil de l’âme, et aussi tous ceux et toutes celles qui se proclament “poètes”. Oui, ce livre essentiel et fervent mérite de connaître un grand succès tant auprès des incroyants que des croyants. »
D’Annie Wellens (Christus): « Sans effets de manche, sans rhétorique fumeuse, la lectrice-avocate plaide pour que l’imagination soit reconnue comme moyen de connaissance nous reliant à ce qui nous dépasse, en citant à comparaître des témoins fréquentés avec un amour croissant depuis de nombreuses années d’études et d’enseignement. Bravant avec succès les risques de la pratique des citations qui “conduit à trancher dans la chair d’une œuvre“ avec brutalité, osant l’irrévérence envers l’institution littéraire ou ecclésiale, Jeanne-Marie Baude procède par rencontres s’élargissant en cercles concentriques, un auteur ouvrant à d’autres, au grand étonnement parfois du lecteur, comme en témoignent ces rapprochements thématiques inattendus mais fondés entre Benoît XVI et Michel Houellebecq, Chateaubriand et Tolkien, Guillevic et Claudel. La grâce primesautière à l’œuvre en ce livre doit beaucoup – et l’autrice ne marchande pas sa reconnaissance à leur égard – à l’esprit de légèreté stendhalien et au goût du jeu de Boris Vian. Mais elle ne bascule pas pour autant dans une littérature “molle“ à laquelle on ne demanderait que l’évasion hors d’une réalité contraignante. Les pages consacrées à l’écriture travaillée par l’expérience de la maladie en témoignent. »
D’un universitaire : « J’ai pris un grand plaisir à cet ouvrage que j’ai trouvé bien écrit et relativement facile à lire. En tant que spécialiste et grand admirateur de Tolkien, je ne peux qu’être un ardent défenseur de l’imagination poétique. Tolkien avait même forgé un terme, ”mythopoésie“, qui était le titre d’un de ses poèmes et qui est passé dans le langage courant. Toutefois je crois qu’on peut faire preuve d’imagination également dans les sciences. On parle bien de « nombres imaginaires » en mathématiques. Einstein disait que l’une des qualités d’un chercheur était l’imagination car les connaissances ne suffisaient pas à faire des découvertes. Quand nous étions enfants il y avait sur l’ORTF une émission intitulée La petite science de vulgarisation scientifique. Je me souviens qu’il y avait au générique le mot « imagination » avec une phrase qui m’est restée en mémoire : “Devant lui roule un caillou, il imaginera la roue.” Cette référence est, certes, moins prestigieuse qu’Einstein, mais elle m’a marquée bien plus tôt.
Il n’en demeure pas moins que je trouve L’œil de l’âme très utile et, même s’il a déjà presque vingt ans, très actuel. À l’heure ou déferle l’IA générative, la tentation pour 95% de l’humanité de s’en remettre à des machines pour tout, y compris la création d’œuvres d’art, les décisions personnelles (dois-je me mettre en couple avec X ou avec Y ?), etc., va être énorme. Tout ce qui peut donc contribuer à “désarmer l’IA”, selon les mots de Léon XIV dans sa dernière encyclique, est donc le bienvenu. Le livre de Jeanne-Marie Baude qui plaide pour l’imaginaire en fait partie, et sa réédition est donc une bonne chose. »
